Se soigner en Russie : médecin, pharmacie et assurance étudiante
Personne ne prépare ce chapitre avant d'en avoir besoin, et c'est dommage : tomber malade à l'étranger est surtout une épreuve d'information. Où aller, qui appeler, qu'est-ce qui est payant. Voici ce qu'il faut avoir compris avant le premier rhume de novembre.

L'assurance santé : la première chose à régler
Un étudiant international en Russie doit disposer d'une couverture santé, et la police exigée est souscrite localement selon les modalités que l'université indique. C'est l'une des premières démarches après l'arrivée, au même titre que l'enregistrement migratoire.
Deux points à faire préciser par écrit au service des relations internationales, parce que les réponses varient d'un établissement à l'autre et d'une année à l'autre :
- Quelle police est exigée, auprès de qui la souscrire, et pour quel montant annuel ?
- Que couvre-t-elle exactement : consultations, hospitalisation, médicaments, soins dentaires, et à quelles conditions ?
Ne présumez pas qu'une assurance voyage achetée au pays remplace la police exigée sur place. Faites confirmer ce point avant de payer deux fois.
À lire aussiOù consulter : le service médical universitaire en premier
La plupart des universités orientent leurs étudiants vers un service médical propre ou vers un établissement de santé partenaire. C'est le premier point d'entrée, et c'est aussi le plus simple : le personnel y est habitué aux étudiants internationaux et aux questions de couverture.
Demandez dès les premières semaines, avant d'en avoir besoin : où se trouve ce service, quels sont ses horaires, faut-il un rendez-vous, et que faire en dehors des heures d'ouverture. Ces quatre réponses notées dans votre téléphone valent mieux qu'une recherche fébrile un dimanche soir.
La pharmacie russe : ce qui change par rapport à la Tunisie
Les pharmacies — « аптека » — sont nombreuses dans les villes russes, souvent avec de larges horaires. Trois différences pratiques méritent d'être connues avant la première visite.
- Les noms commerciaux ne sont pas les mêmes qu'en Tunisie. Un médicament que vous connaissez par sa marque existe peut-être sous une autre appellation : c'est la molécule qu'il faut savoir nommer, pas la marque.
- Les règles de délivrance diffèrent : certains produits en vente libre chez vous nécessitent une ordonnance ici, et inversement. Ne tablez pas sur votre habitude.
- Les emballages et notices sont en russe. Photographier la notice et la traduire est un réflexe utile, surtout pour la posologie.
Notez avant de partir la dénomination internationale — la molécule — de chaque médicament que vous prenez régulièrement. C'est ce nom-là qu'un pharmacien russe comprendra.
La trousse à emporter de Tunisie
Il ne s'agit pas d'emporter une pharmacie entière, mais de couvrir les deux premières semaines, avant d'avoir compris où acheter quoi.
- Vos traitements personnels en cours, en quantité suffisante pour plusieurs mois, avec les ordonnances correspondantes.
- L'ordonnance ou le compte rendu médical traduit, si vous suivez un traitement de longue durée.
- De quoi traiter un rhume, une angine ou un mal de tête les premiers jours.
- Un thermomètre et un petit nécessaire de pansements.
Si vous suivez un traitement régulier, vérifiez deux choses avant le départ : la disponibilité de la molécule en Russie, et les conditions d'entrée sur le territoire avec des médicaments en quantité, qui peuvent exiger une ordonnance traduite. Renseignez-vous auprès de la représentation diplomatique russe.
À lire aussiL'hiver, la vraie cause des consultations
Les étudiants maghrébins ne tombent pas malades en Russie à cause du froid lui-même, mais à cause des écarts : locaux très chauffés, extérieur très froid, plusieurs fois par jour. L'habillement en couches successives, que l'on peut retirer en entrant, limite ces écarts bien mieux qu'un seul manteau épais.
Deux autres facteurs méritent attention pendant le premier hiver : le manque de lumière du jour, qui pèse sur le sommeil et le moral, et l'air sec des bâtiments chauffés, responsable de beaucoup de maux de gorge.
À lire aussiCe qui relève du soin, et ce qui relève du soutien
Le premier semestre loin de chez soi est fatigant, et la fatigue n'est pas toujours médicale. Entre la langue, le climat et l'éloignement familial, un passage difficile en novembre ou février est banal — et il ne se règle pas en pharmacie.
Parlez-en : aux étudiants plus avancés, au service des relations internationales, à votre famille. Si vous êtes accompagné par nos équipes, c'est aussi ce que nous sommes là pour entendre. Un semestre se sauve souvent par une conversation, rarement par un médicament.
À lire aussiQuestions fréquentes
L’assurance santé est-elle obligatoire pour un étudiant en Russie ?
Une couverture santé est attendue des étudiants internationaux et la police exigée se souscrit localement, selon les modalités indiquées par l'université. Demandez par écrit au service des relations internationales quelle police souscrire, à quel prix et ce qu'elle couvre.
Peut-on emporter ses médicaments de Tunisie ?
Emportez vos traitements en cours avec les ordonnances correspondantes, idéalement traduites. Pour des quantités importantes, les conditions d'entrée sur le territoire russe doivent être vérifiées auprès de la représentation diplomatique russe avant le départ.
Comment trouver un médicament dont je ne connais que la marque tunisienne ?
Cherchez la dénomination de la molécule, pas la marque : c'est elle qui est comprise partout. Notez-la avant de partir pour chacun de vos médicaments habituels, et montrez-la au pharmacien.
Où aller en cas d’urgence ?
Demandez cette information au service des relations internationales de votre université dès les premières semaines : numéro d'urgence local, établissement de référence, et conduite à tenir en dehors des heures d'ouverture du service médical universitaire. Notez ces réponses avant d'en avoir besoin.